Géomorphologie et paléoenvironnement

Encadrée par des massifs calcaires, la plaine littorale de Kallamas s'étend sur environ 2 km², à une altitude variant entre 840 m sur les rives du lac de Prespa et 880 m sur les piémonts. Elle n'est drainée que par un cours d'eau intermittent dans la partie Ouest. Les dynamiques géomorphologiques de la plaine sont principalement contrôlées par les fluctuations lacustres et par la sédimentation alluviale, qui sont intimement liées.

Des indices à la fois topographiques, morphologiques et sédimentaires permettent de reconnaître, à proximité du site, d’anciens niveaux lacustres supérieurs au niveau actuel. Les photos aériennes anciennes, ainsi que l’observation de terrain, montrent d’autre part que l’unique cours d’eau de la plaine a fortement divagué au cours du XXe siècle, son embouchure se situant, au moins jusqu’en 1989, bien plus à l’Est qu'ujourd’hui.

Les coupes stratigraphiques présentes au sud-ouest de la plaine attestent d'une alternance entre sédimentation fluviatile et hauts niveaux lacustres, témoignant ainsi de changements environnementaux rythmés. Deux grandes chronologies sédimentaires ont pu y être observées. La première, en amont du cours d’eau, est constituée de trois unités : à la base, un épais niveau sablo-limoneux beige d'origine fluviatile dont la puissance atteint au moins 3 m par endroit ; au-dessus, une couche grise bien plus hétérogène et pulvérulente de 20 cm d’épaisseur environ, renfermant quelques galets et des fragments de céramique sombre ; au sommet, un niveau de couleur sombre principalement constitué de limons fluviatiles, qui peuvent correspondre à une sédimentation fine et diffuse dans un contexte de débordement ou de ruissellement. La seconde chronologie sédimentaire, à l’aval du cours d'eau, comporte, comme en amont, une première unité constituée d'un sédiment sablo-limoneux beige d'origine fluviatile. Cette unité est surmontée par un fin niveau constitué de galets, de graviers et de fragments de coquilles, au-dessus duquel on retrouve la même couverture limoneuse sombre qu’à l’amont.

Opérations de carottage Afin de recouper d'anciens niveaux lacustres et de descendre à l'altitude des couches archéologiques, on a réalisé en 2013 deux carottages au Sud du site, à l'aval du cône alluvial littoral. D'un point de vue environnemental, il s’agissait de déterminer comment le niveau du lac a fluctué au cours de l'Holocène, quels sont les moteurs de ces fluctuations et les rapports entre celles-ci et les fluctuations holocènes déjà bien connues du lac Maliq. D'un point de vue archéologique, il s’agissait de mieux comprendre les stratégies d'implantation du site de Kallamas et l’impact des fluctuations lacustres sur son organisation spatiale, mais aussi sur la préservation de ses vestiges.

Bien que l’étude des carottes n’en soit encore qu’à un stade préliminaire, diverses informations stratigraphiques ont d’ores et déjà été relevées. Il est notamment établi qu'entre les phases de haut niveau lacustre s'intercalent des niveaux alluviaux plus ou moins épais constitués de sables et de limons, qui pourraient correspondre à d'anciennes plages lors des phases de régression lacustre. D’autre part, l’analyse palynologique d’un échantillon test a révélé, sous le niveau archéologique le plus ancien, un assemblage pollinique des environs de 8000-6500 cal BP. portant les marques d'une anthropisation, ce qui suggère la proximité d'un groupe néolithique avant même que les conditions du site ne permettent l'établissement d'un village.

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